L'ombre d'un jour de Comité,
rôde ; mais, en écho rapide
Minuit épars sur la Cité
Résonne au fond du cécor vide :
Visages clos, lèvres sans gestes,
Machines au repos _quel glas!
Les lieux muets, semés de restes,
Que tantôt la foule peupla ...
Tous ces silences, à la fois
Tristes, joyeux, doux, ou sonores,
Ils parlent, mais de quelle voix?
De quelle voix? Ah! je l'ignore...
L'absence des bras de Suzon,
Celle des lèvre d'Egéri,
Leur corps qui manque sans raison,
Ce vide qui me contrarie,
Finit par faire une présence.
Vaine folie!...Et cependant
Quelque absurde qu'en soit l'essence,
Cette ombre où n'est que du néant
Peulple bien mieux _mirage, bulle_
La nuit au grand vide subtil
Que ce avec quoi l'on copule
Si tristement, me semble-t-il !
extrait du livre le meilleur des mondes, vers d'Helmoholtz